21 septembre 20**
Enfin le vendredi soir pointe le bout de son nez. Qui dit vendredi soir dit week-end et qui dit week-end dit pas de boulot. C'est l'avantage (le seul avantage je dois dire) d'être en bas de la chaîne alimentaire dans ce job. C'est, la plupart des employés du magazine bossent chez eux où bien se déplacent le week-end. Ils vont à des soirées, des évènements en tous genre. Mais moi, comme je ne suis qu'une pauvre petite assistance juste bonne à apporter le café, empiler les dossiers et répondre au courrier, on ne me donne rien à faire. Le pied !
Je me demande la tronche que tirerai la rédactrice en chef si elle apprenait que je suis la fille d'un des plus gros portefeuille d'Hollywood. Que serait le cinéma sans les producteurs ? Que seraient les acteurs sans le cinéma ? Que seraient les magazines pour ados sans les acteurs ? J'imagine qu'elle se mordrait les doigts pour toutes les vacheries qu'elle m'a faites. Mais je ne suis pas sûre que lui apprendre ce petit détail joue vraiment en ma faveur. Parce qu'alors elle s'imaginerait que je suis copine avec toutes les stars que mon paternel rencontre au bouleau et elle me harcèlerait pour avoir des interviews exclusives. Et de toutes façon, je veux réussir sans utiliser mon nom de famille. Si toutefois je réussis, ce sera seulement grâce à moi !
Chef : GINAAA !
Celle là, elle va finir muette à force de crier... Et moi, je vais finir sourde. Qu'est ce qu'elle peut bien me vouloir dix minutes avant la fin de mes heures de bouleau ? Moi je m'en fou, à 18 heures tapantes de je me tire. Avec la paye de pacotille que je reçois, il n'est pas question que je fasse des heures supplémentaires. Et puis, ce n'est pas comme si j'avais vraiment besoin de travailler pour vivre...
Gina : Oui ?
Chef : Venez dans mon bureau, tout de suite.
9 minutes.
Je lâche tout ce que j'étais en train de faire, c'est-à-dire consulter mes mails, et obéit. Ah, si mes camarades de lycée me voyaient, ils n'en croiraient pas les yeux. A l'époque du pensionnat, j'étais une vraie rebelle. Je ne ratais pas une occasion de me faire remarquer et de casser les pieds de la pionne. Je séchais les cours, sortais au milieu de la nuit, piquait des bonbons dans la salle des profs... Mais la meilleure de toute, ce qui aurait pu me faire virer et qui aurait rendu Tara (la pionne) barge, c'est quand je suis sortie avec le surveillant. L'ennui, c'est que ça, ce n'était pas pour emmerder le monde, j'étais littéralement dingue de lui. Ah oui, au fait, le surveillant en question, c'était Dean.
Mais le temps a passé, Dean s'est tiré, et moi je me suis assagie (un peu).
Gina : Que puis-je faire pour vous ?
J'ai l'impression d'être une de ces nanas, au stand de fromage à la coupe, qui demande au client ce qu'il désire.
8 minutes.
Chef : Une interview.
Aaaaaaah ! Elle veut me confier une interview ! Rendez-vous compte que dans mon bouleau, ça équivaut à une jolie promotion.
Chef : Zofia devait s'en occuper, mais il refuse d'être interrogé par quelqu'un d'autre que vous. Et nous voulons cette interview. Il est jeune, sportif, talentueux, beau, et nos lectrices l'adorent. Il fera une excellente première page.
Bon. Je ne sais pas vous, mais moi j'ai senti l'anguille sous roche au moment où elle a dit qu' « il » voulait absolument être interviewé par moi. Parce que franchement, des célébrités je n'en connais pas des masses. En fait, je n'en connais qu'une, et c'est le beau frère de ma meilleure amie.
Chef : Il s'agit de Ryan Harper. Il participe à une compétition demain après midi au sud de Los Angeles, vous le rencontrerez sur place. Vous prenez l'avion demain matin. Voici votre billet, les coordonnées de l'agent de Mr Harper, l'adresse de la compétition, et une carte pour financer vos dépenses.
J'ai même pas le temps de dire ouf qu'elle me fou à la porte. Adieu week-end tranquille. Je vais me lever un samedi matin, et qui plus est pour me coltiner une interview avec Ryan Harper ! Que voulez vous que je lui demande à cet idiot ? Je sais tout de lui ! Enfin non, il y a bien une chose que j'ignore, c'est ce qu'il pense du mariage de sa mère avec le père de son ex. Mais je ne peux pas sérieusement parler de ça dans un magazine ! Ella me tuerait... Qu'ai-je donc fait de si terrible pour que la malchance pour poursuive à ce point ?
Du coup, je quitte le bouleau en traînant des pieds et je suis déjà épuisée rien que de penser à la longue journée qui m'attend demain. Je vais traverser le pays, et je vais devoir me montrer civilisée avec Harper. L'horreur !
Pendant que je rumine sur mon triste sort, mon portable sonne : Ella. Tient, tu parles d'une coïncidence... Elle m'appelle pile quand je viens d'apprendre que je dois interviewer son beau frère. Cette conversation promet d'être animée.
Gina : Salut !
Ella : Hello ! Comment ça va ?
Gina : J'ai eu des jours meilleurs.
Ella : Ah... Qu'est ce que tu fais demain ? Je te propose une séance de shopping suivie d'une crème glacée et après on va emmerder Sam pendant qu'il drague les serveuses de je sais pas quel bar !
Gina : J'adorerai, mais ça ne va pas être possible.
Ella : Pourquoi ? T'as d'autres plans ?
Gina : Je vais à LA, pour une interview...
Ella : Mais c'est génial !
Gina : ...Avec Harper.
Ella : Oh.
Ca, c'est le petit oh qui veut tout dire. C'est fou ce que son nom peut casser l'ambiance. Ca vaut presque Dean. Quoi que, lui au moins, il donne des nouvelles. Remarquez, il n'a pas trop le choix, vu qu'ils font plus ou moins partie de la même famille.
Ella : Pourquoi tu dois interviewer mon beau frère ?
Gina : Parce que c'est une super star de surf et que les ados entre quatorze et dix-sept ans sont folles de lui.
Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'à cet âge là, elle aussi était folle de lui. Mais je me retiens de le lui faire remarquer, inutile de remuer le couteau dans la plaie.
Ella : Bon, et bien tu diras à mon beau frère que...
Gina : Pourquoi tu l'appelles tout le temps « mon beau frère » ?
Ella : Parce que c'est mon beau frère, le fils de ma belle mère... Je ne vais pas te faire un dessin, tu t'y connais en belle famille.
Gina : Ouai, ouai. Mais il a un prénom quand même.
Ella : Je sais. Mais c'est trop bizarre de l'appeler Ryan, ça me rappelle l'époque où on sortait ensemble...
Gina : J'comprends. Et tu l'appelles comment quand t'es avec lui ?
Ella : Je l'appelle pas. La plupart du temps je le fuis comme la peste en fait. Je n'arrive pas à prétendre que c'est mon frère alors que c'est le premier mec avec qui j'ai fait l'amour. A chaque fois que je croise son regard j'ai des flashs et... enfin je vais pas entrer dans les détails. Mais bon, il vaut mieux pour nous deux que je l'évite !
Gina : Il faudra quand même que tu t'y habitues un jour ou l'autre. Pour ton père.
Je dis ça parce que je sais que c'est ce que je suis censée dire, mais je n'en crois pas un mot. Comment pourrait-elle voir Harper comme son frère ? Harper est le seul mec qu'elle ait jamais aimé. Elle était au moins aussi mordue de lui que je l'étais de Dean. Et lui, il l'avait dans la peau. C'est fou le nombre de trucs qu'ils ont pu traverser tous les deux, sans que leur amour n'en soit abîmé pour autant. A les regarder, j'étais persuadée que l'âme s½ur existait. Vous savez, l'amour avec un grand A. Et tout ça pour en arriver là, à n'être même plus capable de se regarder en face...
Vous voulez que je vous dise ? L'amour c'est bidon. C'est un énorme mensonge inventé pour faire rêver les adolescents. C'est le Père Noël des grandes personnes. Voilà ce que c'est.
Et voilà, je suis de retour et gina-unfabulous-life reprends!
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Je pense mettre la suite bientôt, car sans l'article suivant, celui-ci me semble assez inutile!
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